Les tatouages temporaires au henné sont devenus de plus en plus populaires. Du fait de leur caractère transitoire, leur utilisation s’est étendue dans le monde entier. Qui n’a pas souhaité le temps d’une soirée orner sa cheville, son épaule, la chute de ses reins ou autre partie de son corps d’un tatouage ?

Le henné est la solution idéale pour les amateurs de tatouages éphémères, pour ceux qui souhaitent pouvoir changer de tatouage quand bon leur semble, pour ceux qui ne veulent pas souffrir mais bénéficier de l’atout esthétique des tatouages. Véritable bijou, le tatouage au henné se conçoit comme un accessoire de mode, une tendance très actuelle d’embellir son corps sans s’engager à vie avec un tatouage véritable.

Les avantages du henné:

Destinés à tous ceux qui souhaitent orner leur peau d’un dessin ou symbole pendant une durée très courte et sans risques, le henné est un produit naturel, non toxique et idéal pour la réalisation de tatouages temporaires. Il dure une période de temps limitée (de 1 à 3 voire 4 semaines) selon sa situation sur le corps (les mains sont par exemple plus souvent en contact avec l’eau et les détergents), la nature de la peau, la température du corps, l’acidité du savon utilisé pour la toilette quotidienne, le climat. Pas d’aiguille, pas de douleur, pas de regret si le dessin choisi ne plait plus une fois tatoué sur le corps. Le tatouage au henné est totalement indolore, il est réalisé rapidement et le panel de motifs disponibles est très vaste.

Le tatouage temporaire au henné ne doit pas être confondu avec les tatouages éphémères proposés par certains instituts de beauté, esthéticiennes, ou pseudo tatoueurs… qui, utilisant les techniques du maquillage permanent (par injection de pigments dans la peau), et souvent sans réelles formations, se proposent de réaliser des tatouages sensés disparaître au bout de quelques années. Outre un résultat discutable avec une couleur qui s’affadit, il faut souligner que les techniques et le matériel utilisés pour l’exécution d’un maquillage permanent (contour des lèvres, sourcils…) ne sont pas adaptés pour la réalisation d’un tatouage.

Des aditifs

Il faut savoir que le henné noir n’existe pas dans la nature. Le henné naturel, inoffensif, a une couleur marron, rousse à jaunâtre, selon la préparation et la durée d’application. Une teinte plus foncée et plus résistante est obtenue de deux façons. Soit naturellement, on y ajoutant un extrait d’indigo (Indigofera tinctoria), ou de café qui ne pose aucun problème d’allergie. Soit, et c’est souvent le cas, les «Hennayates» ou «Nekachates» ajoutent, lors de la préparation de la pâte du henné, un produit chimique synthétique, bon marché, appelé Paraphénylène diamine (PPD) qui est un produit très toxique et un puissant allergène; mais la PPD est moins chère, elle tatoue plus rapidement et pour plus longtemps. On la retrouve également dans les teintures capillaires, mais elle n’y est autorisée que si sa concentration ne dépasse pas 6%. Or les tatoueurs connaissent rarement le pourcentage de PPD que contient le henné foncé qu’ils emploient.

C’est quoi la paraphénylène diamine (PPD) ?

C’est un produit chimique toxique très puissant qui provoque chez certaines personnes une réaction allergique. Cette allergie va persister toute la vie avec des conséquences au quotidien. La paraphenylènediamine est une substance très allergisante. La législation européenne interdit la présence de PPD dans les produits cosmétiques destinés à être appliqués sur la peau. Parmi les cosmétiques, seules les teintures pour cheveux peuvent contenir de la PPD, à une concentration maximale de 6 %. Les produits contenant de la paraphenylènediamine ne peuvent être utilisés pour la coloration des cils ou des sourcils. La présence de PPD dans une teinture pour cheveux doit être signalée sur l’étiquette par la phrase « contient des diaminobenzènes » et l’avertissement «peut provoquer une réaction allergique » Le paraphénylène diamine est utilisé également dans les teintures capillaires (les schampoings colorants), certaines encres et caoutchoucs ou même des teintures pour les jeans. En Europe, la concentration dans les teintures capillaires est limitée à 6%, mais ne s’applique pas aux tatouages au henné. Au Canada, l’application de cosmétiques sur la peau contenant de la PPD est interdite.

Réactions allergiques

Lorsqu’un tatouage temporaire est réalisé avec un produit contenant de la PPD (« Henné noir »), un eczéma peut apparaître une quinzaine de jours plus tard : la zone traitée gonfle, devient rouge, démange et une éruption (eczéma de contact) apparaît sur les traces du dessin initial. La réaction allergique se produit généralement alors que le tatouage commence à s’effacer. Si la réaction allergique est limitée à la zone tatouée, elle peut se traduire par des démangeaisons, une sensation de brûlure, des rougeurs, la formation de cloques. A ce stade, même si la couleur s’estompe, le dessin fait par le tatoueur apparaît en relief sur la peau. Cet eczéma de contact doit être traité par des médicaments corticoïdes, délivrés sur ordonnance. Cette éruption se traite par des crèmes à base de corticoïdes. Un traitement aux corticoïdes par voie générale est parfois nécessaire. La lésion guérit généralement en 3 à 4 semaines, mais, si l’éruption n’est pas soignée à ce stade, des infections supplémentaires peuvent survenir.

Conséquences à long terme: la polysensibilisation et l’hypersensibilité à vie

Lorsqu’une allergie à la PPD s’est déclarée, des réactions d’hypersensibilité vont survenir pour tout contact avec un produit contenant de la paraphénylènediamine, même aux concentrations autorisée. A chaque contact, cette réaction sera de plus en plus marquée. La personne devenue allergique devra éviter le contact avec de nombreux produits.

La paraphénylènediamine est un produit fort utilisé dans l’industrie. Elle peut se rencontrer dans le caoutchouc (poignées de vélo, bottes), tuyaux de pompe à essence…, la fourrure, les textiles (les jeans par exemple), les colorants pour cheveux, les cirages, les plastiques, les encres d’imprimerie, les réactifs de photographie.

Il faut tenir également compte des allergies croisées avec certains filtres présents dans des crèmes solaires : le PABA (acide para aminobenzoïque) et les dérivés PABA. L’allergie à la paraphenylènediamine peut empêcher l’exercice de certains métiers.

Dans le cas de lallergie à la paraphenylènediamine, il vaut mieux éviter sans avis médical:

  1. les antibiotiques de la famille des sulfamides
  2. les sulfones (Dapsone®) surtout utilisées en dermatologie et dans le traitement de la lèpre elle doit être utilisée avec précaution en cas d’allergie à la paraphénylène diamine.
  3. les médicaments antidiabétiques appartenant à la famille des sulfonylurées certains peuvent provoquer des réactions généralisées surtout la tolbutamine et la carbutamide
  4. Anesthésiques appartenant à la classe de la benzocaïne. L’allergie à la paraphénylène diamine et à la benzocaïne n’est pas rare la benzocaïne est retrouvée dans de nombreux produits anesthésiants pour la peau, la bouche, la gorge et dans certaines crèmes anti-hémorroïdes il vaut mieux éviter en plus de la benzocaïne, l’utilisation des anesthésiques locaux suivants : procaïne, chlorprocaïne, tétracaïne, butacaïne, picrate de butamben. On peut utiliser sans risque, la lidocaïne, la buvicaïne, la mépivacaïne et la dibucaïne.
  5. Produits de développement pour film couleur. Certaines personnes travaillant dans le développement des films couleur peuvent être sensibilisés avec certains produits, Par exemple : CD-2, CD-3, CD-4
  6. Résines époxy. Les résines époxy sont utilisées dans les colles, les peintures, l’isolation, etc. Alors que la plupart des allergies sont dues à la résine, certaines personnes sont allergiques au durcisseur, comme le métaphénylène diamine ou le diaminodiphénylméthane (40% des sujets allergiques à la paraphénylène diamine) Les gants en caoutchoucs ne protégent pas contre la pénétration du durcisseur ; il faut utiliser des gants spéciaux comme ceux ayant une couche en plastique, ou ceux en vinyl à forte résistance.
  7. Tampons encreurs
  8. Certains gants en caoutchouc
  9. Industrie des plastiques : paraaminodiphénylméthane
  10. Produits en plastique noir. Les dérivés de la paraphénylène diamine empêchent l’oxydation des caoutchoucs noirs On peut la retrouver, par exemple, dans les poignées de raquettes, les mains courantes de escalators.
  11. Autres colorants azoïques : les personnes allergiques à la paraphénylène diamine peuvent être sensibilisées: aux colorants vestimentaires, notamment les collants (Disperse Orange 3 utilisé dans les couleurs claires) et les chaussures, à certains gants ménagers contenant des colorants azoïques (couleur rose, jaune, etc.) à certains colorants alimentaires, à de nombreuses teintures capillaires : paratoluène diamine, paraaminophénol, orthonitroparaphénylène diamine, paraaminodiphénylamine
  12. Crèmes antisolaires contenant de l’acide para aminobenzoïque. Les crèmes antisolaires contenant de l’acide para aminobenzoïque, peu utilisés en France, ont été responsables surtout aux USA de la survenue, après exposition solaire, de réactions allergiques chez les sujets sensibilisés à la paraphénylène diamine

Sources: www.danger-sante.org, www.al-kanz.org, www.lematin.ma, www.dermaptene.com, www.poisoncentre.be

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